LES PAPIERS PEINTS             PANORAMIQUES DE LA MAISON ROUX                       À DIEULEFIT.

Le 31 août 2016, l’Association a pu visiter deux sites drômois exceptionnels peu connus, dont l’un est privé et ne se découvre habituellement que lors des Journées du Patrimoine.

L’après-midi a débuté par une visite de l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Comps, isolée sur son rocher dans le paysage sauvage et grandiose de l’arrière-pays dieulefitois. Cette étonnante église romane est elle-même une curiosité : ancien siège d’un prieuré aux XIe, XIIe siècles, son architecture austère dominée par un clocher massif, sa nef tronquée, son décor intérieur limité à quelques petits bas-reliefs repérables dans les hauteurs en font un monument énigmatique qui était totalement dégradé avant ses restaurations successives au XXe siècle.

L’association « Comps historique » s’est constituée dès le démarrage du chantier des années 1990 et veille désormais sur son animation.

C’est Marylène Marcel-Ponthier, notre consœur et la fille du maire de l’époque, lui-même à l’initiative de cette restauration, qui a assuré la visite guidée de l’édifice avec beaucoup de talent.


 

Au retour à Dieulefit, c’est Madame Tempelaere, héritière de la famille Roux, qui a ouvert la porte de sa charmante salle à manger dont trois parois sont ornées de papiers peints panoramiques dus à la célèbre entreprise Joseph Dufour d’origine mâconnaise.

La maison qui les abrite a été construite en 1740 par le marchand drapier Jacques Fedon. Dans les années 1815-1820, son descendant par mariage François-Marcel Roux fait poser au mur de sa « salle à manger de compagnie » une partie de la série des « monuments de Paris » et fait décorer la pièce de faux marbres et d’un faux plafond voûté, dont la fraîcheur a merveilleusement résisté au temps : un art et une mentalité typiques des premières années du XIXe siècle, où l’esprit romantique prend son essor et où les objets d’art manufacturés commencent à se diffuser dans toute la société à partir de cartons et de modèles.

C’est sur catalogue que François-Marcel Roux a choisi ce décor pour rêver de Paris où il n’est peut-être jamais allé.

En 1978-80, Georges Roux fit restaurer et rentoiler les papiers qui sont de fabrication artisanale, imprimés à la planche à partir de bois gravés et colorés aux pigments naturels.

 

 

CABINET DE "DIANE DE POITIERS"

   Le cabinet de Diane de Poitiers, vrai trésor ? ou fausse légende ?

 

La maison dite de "Diane de Poitiers" recèle au premier étage un petit cabinet carré et voûté, orné de peintures, classé MH depuis décembre 1956 mais inconnu du public.

Le décor, bien que limité aujourd'hui à la voûte, du fait d'une restauration à la fin du XXe siècle, peut être daté de la fin du XVIe siècle, voire du début du XVIIe.

Il est composé principalement de blasons et de monogrammes, ainsi que d'une devise, qu'on a longtemps reliés à Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois de 1548 à 1559. Mais, si cette dernière a bien confirmé les libertés de la commune de Montélimar, ce fait n'augure en rien de sa présence dans la ville comme sur ses terres du Dauphiné.

En revanche, nous savons qu'en 1492, Jean de Poitiers, chanoine de l'église Ste Croix de Montélimar et issu de la dynastie des Poitiers seigneurs d'Allan, achète avec ses deux frères l'emplacement de la maison qui sera construite quelques années plus tard.

Le monogramme répété plusieurs fois, qu'on a pris pour le D de Diane associé au chiffre du roi Henri II, se compose en réalité des quatre lettres P, L, C (retourné) et I (qui serait ici un J) qui pourraient être les initiales des trois fondateurs, Louis, Charles et Jean de Poitiers à la fin du XVIe siècle.

En 1624, Guy-Antoine Pape, marquis de Saint-Auban, qui habite tantôt son château d'Allan tantôt son hôtel de Montélimar, cède sa demeure à Louis Cheynet, riche moulinier en soie.

 

Le décor se déroule sur la voûte d'arêtes, ses quatre tympans et la partie haute de l'ébrasement de la fenêtre à traverse donnant sur la rue Diane de Poitiers.

Probablement peint mezzo fresco, ses tonalités d'origine ne subsistent qu'en partie et ce sont les tons gris et toute la gamme des ocres rouges et jaunes qui ont été conservés. Les monogrammes et les blasons apparaissent dans un foisonnement de vases remplis de fleurs de rinceaux émergeant de cornes d'abondance et de termes féminins supportant des corbeilles de fruits, selon un riche symbolisme caractéristique de l'époque.

Quant au phylactère où l'on peut lire "Ma foy et mon amour ne ce peut esbranler", loin de se rapporter à Diane de Poitiers, il ferait allusion à la solidité de l'adhésion des Papes de Saint-Auban au culte réformé.

                                    

                                                                                         Hervé Orband

 

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